Actualités

« Qui paie quoi ? Qui décide quoi ? Se poser la question de l’impôt, c’est se poser la question de la démocratie »

Lors du Conseil de métropole de Montpellier du 28 avril 2026, Manu Reynaud est intervenu au nom des élu·es écologistes sur le budget 2026 de la Métropole de Montpellier.

Verbatim de l’intervention :

« Monsieur le Président, chers collègues,

Les écologistes se réjouissent aujourd’hui, comme je l’avais dit lors du débat d’orientation budgétaire, que la Métropole se dote d’une fiscalité foncière intercommunale. Il s’agit d’avoir une certaine maîtrise de la fiscalité. C’est ce que nous envient d’autres collectivités, comme la région ou le département, dont les leviers fiscaux sont retirés au fur et à mesure.

Nous avons aujourd’hui la possibilité de dire ce que nous voulons et la possibilité de dire comment nous le finançons. Le débat d’orientation était éclairant sur ce point, puisque personne ne souhaitait la disparition des services publics, au contraire, ni leur dégradation. Le message est clair : plus de services publics, mieux de services publics.

Nous allons nous doter d’un instrument qui permet de lever des recettes pour les financer. C’est une bonne chose.

La proposition des écologistes est de réfléchir dans le temps, en termes de trajectoire. Quel doit être le niveau de cette fiscalité dans l’avenir, notamment dans les sept prochaines années ? Peut-on penser à baisser parallèlement les impôts fonciers dans les communes qui le souhaitent et qui le peuvent ? C’est une question qui peut se poser, pour engager un travail sur plusieurs années, afin de rééquilibrer de façon transparente ce qui relève de la Métropole et ce qui relève des communes.

Ce débat permet aussi de faire de la pédagogie : qui paie quoi, à quoi sert l’argent des impôts dans la Métropole, qui décide de quoi.

À quoi ça sert d’abord ? Le vice-président Grégoire Delforge nous a parlé de la journée de Malika, reprise par le maire de Vendargues. Cela permet de mieux comprendre les services de la Métropole. Cela pourrait être l’origine d’une communication institutionnelle, pour montrer concrètement l’impact dans une vie quotidienne.

Qui paie quoi, qui décide quoi ? Comment on sanctionne ou on poursuit des politiques publiques au fil des mandats et des élections ?

C’est le talon d’Achille démocratique de la Métropole et de l’intercommunalité. À l’origine, l’intercommunalité consistait à mettre en place des équipements. Aujourd’hui, on parle de politiques publiques structurantes pour les habitants. C’est une très bonne chose que ces politiques soient débattues à cette échelle, pertinente pour la transition écologique et solidaire.

Pourtant, il y a une fragilité démocratique.

On l’a vu dans le débat d’orientation budgétaire. Les élus d’opposition montpelliérains sont davantage dans un rôle d’élus montpelliérains que dans celui du territoire. Ils ne s’opposent pas au président de la Métropole, mais plutôt au maire de Montpellier, car ils s’adressent à leurs électeurs montpelliérains, et non à l’ensemble des habitants du territoire. Leur base est celle des Montpelliérains, pas celle de l’ensemble du territoire.

Cette analyse explique beaucoup des interventions et des débats.

Dans la structuration même de l’intercommunalité, il y a une fragilité démocratique. Notre collectivité est un espace où il faut chercher à s’entendre.

Je le dis pour certains nouveaux élus, notamment montpelliérains : ce Conseil n’est pas uniquement un espace dédié aux vidéos sur TikTok. Ici, on s’adresse à des élus, notamment aux 51 qui ne sont pas montpelliérains, et particulièrement aux 31 maires des communes de la Métropole, on pourrait dire 32 en intégrant l’innovation démocratique de Villeneuve-lès-Maguelone. Ils écoutent dans cette assemblée.

Pour être entendu, il faut écouter dans le respect de toutes et tous, avancer des arguments entendables et comprendre le fonctionnement de cette institution.

L’élection présidentielle sera peut-être l’occasion de relancer un acte de la décentralisation. Pour les écologistes, il convient de le souhaiter.

Pour finir sur le fond, le vote de ce budget 2026 de la Métropole doit nous amener à deux grandes réflexions.

D’abord, sur les futures programmations pluriannuelles d’investissement qui seront soumises au Conseil dans les prochains mois.

Ensuite, sur l’élaboration des futurs budgets du mandat.

Au-delà du budget vert, qui doit clairement apparaître, nous souhaitons engager une démarche appuyée sur un budget climat.

Enfin, la question du Plan climat, air, énergie, territoire solidaire doit être réinterrogée au regard de la souveraineté, c’est-à-dire la maîtrise et la question de nos dépendances. Cela doit forger nos convictions, mais surtout nos stratégies et nos politiques publiques.

J’ai noté dans une présentation la mention d’un territoire résilient et souverain. Cette logique pourrait s’appliquer à l’ensemble des politiques publiques.

Les écologistes voteront l’ensemble des affaires de ce budget 2026 ainsi que les taux afférents.

Je vous remercie. »

A lire aussi

Ecologistes pour Montpellier
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.