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« La transition écologique n’est pas un luxe, c’est une question de justice sociale. »

Conseil municipal de Montpellier, Mardi 16 juin 2026 : Intervention de Delphine Esselin, Adjointe au Maire écologiste  pour les élu-es écologistes, sur le compte financier et le budget vert de la Ville de Montpellier

« Monsieur le Premier adjoint, chers collègues,

Je m’exprime au nom du groupe Les Écologistes.

Le budget que nous votons ce matin marque un tournant dans la façon dont nous gouvernons cette ville. Il apporte une réponse concrète à une question que les Montpelliéraines et les Montpelliérains nous posent depuis des années : quand vous dépensez notre argent, est-ce que vous pensez à l’avenir ?

Avec les annexes qui présentent le budget vert, nous pouvons leur répondre avec des faits, pas seulement avec des intentions.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur nos 156 millions d’euros d’investissements, près de 91 % sont évalués comme favorables ou neutres pour le climat. Plus de la moitié de ce que nous construisons, rénovons et finançons va dans le bon sens pour la transition écologique.

Ce n’est pas un hasard. Quand nous subventionnons des rénovations thermiques dans les écoles, quand nous investissons dans la continuité naturelle des 172 hectares du grand parc du Lunaret, quand nous accompagnons les mobilités douces, tout cela est désormais lisible dans le budget vert. Évalué, rendu visible : c’est précisément ce qui nous manquait jusqu’ici.

Mais je veux aller plus loin que les chiffres, parce que derrière chaque ligne budgétaire, il y a des vies concrètes.

La transition écologique, ce n’est pas un luxe de métropole prospère, c’est une question de justice sociale profondément ancrée dans le quotidien des habitantes et habitants les plus vulnérables de notre ville.

Qui souffre le plus des canicules qui s’intensifient chaque année à Montpellier ? Les jeunes qui vivent dans des neuf mètres carrés mal isolés, les familles sans jardin ni climatisation dans des quartiers densément bâtis.

Qui subit le plus les pics de pollution de l’air ? Les enfants qui grandissent près des axes de circulation les plus chargés, comme autour d’Aiguerelles et d’Odysseum.

Qui paie le plus lourd tribut quand les inondations frappent, quand la sécheresse fait grimper les prix alimentaires ? Toujours les mêmes : celles et ceux qui ont le moins de marge pour s’adapter.

Ce que nous finançons quand nous investissons dans la transition écologique, c’est l’amélioration des conditions de vie des Montpelliéraines et des Montpelliérains les plus précaires. Ce sont les deux faces d’une même pièce et le budget vert nous permet enfin de le voir clairement.

Ce budget vert révèle aussi des tensions utiles. Sur l’axe biodiversité, les dépenses défavorables dépassent légèrement les dépenses favorables, et c’est exactement la preuve que l’outil fonctionne.

Avant, cette tension était invisible. On pouvait voter un budget équilibré en toute bonne conscience sans voir qu’une dépense d’aménagement urbain, aussi utile soit-elle pour les habitantes et habitants, pouvait fragiliser un corridor écologique ou imperméabiliser un sol.

Désormais, cette réalité apparaît. Elle nous oblige, et c’est exactement ce dont nous avons besoin.

C’est le cœur de mon propos : nous passons d’une logique purement comptable – combien on dépense et pourquoi – à quelque chose de beaucoup plus exigeant : comprendre les effets systémiques de nos choix budgétaires.

Un budget public, c’est un écosystème. Une dépense en aménagement peut être favorable au climat et défavorable à la biodiversité. Un investissement dans les écoles peut avoir un impact environnemental que l’on ne mesure pas si l’on ne se donne pas les outils pour le voir.

Pour prendre une image, nous avions jusqu’ici une carte routière de nos dépenses : précise, utile, mais en deux dimensions. Le budget vert nous donne une carte topographique. On voit les mêmes routes, mais aussi le relief, les zones d’ombre, les points de fragilité. On peut commencer à conduire différemment.

Ce que nous inaugurons ici, c’est la capacité à tenir plusieurs dimensions en même temps : le climat, la biodiversité, les ressources, les pollutions, dans une tension productive.

Et justement, parlons de ces autres dimensions.

Aujourd’hui, seuls deux axes font l’objet d’une analyse obligatoire dans le budget vert. Les quatre autres – adaptation au changement climatique, gestion des ressources en eau, économie circulaire et prévention des pollutions – restent facultatifs.

Nous pensons, et nous le disons avec conviction dans le cadre de cette majorité que nous partageons, que Montpellier a tout à gagner à aller plus loin que ce que la réglementation exige.

Étendre progressivement le budget vert à l’ensemble des six axes, c’est nous donner une image complète de notre action.

Comment ces investissements affectent-ils la gestion de l’eau, une ressource ô combien précieuse face aux sécheresses de plus en plus sévères ? Quelle est l’empreinte de nos chantiers en termes de déchets ? Ces questions méritent des réponses visibles dans notre budget, pas seulement dans notre programme.

Nous faisons confiance à cette majorité pour avancer dans cette direction, à notre rythme, avec la méthode qui est la nôtre.

Concrètement, qu’est-ce que cela change dans notre façon de décider ?

Le budget vert doit devenir un critère d’arbitrage en amont, quand nous programmons nos investissements, pas seulement un bilan en aval, une fois l’argent dépensé.

Comme un médecin qui évalue les effets secondaires d’un traitement avant de le prescrire, et non après avoir observé les séquelles.

Cela nous ouvre aussi des questions nouvelles lors de nos débats budgétaires. Entre deux projets à coût équivalent, lequel a le meilleur impact systémique ? Comment réduire la part des dépenses défavorables à la biodiversité sans renoncer aux besoins des habitants ?

Ce sont des questions difficiles. Ce sont les bonnes questions.

Et Montpellier se donne enfin les outils pour y répondre sérieusement.

Ce que nous votons ce matin, c’est bien plus qu’une obligation réglementaire. C’est le début d’une gouvernance écologique véritablement intégrée.

Une ville qui comprend que protéger l’environnement et protéger ses habitantes et habitants les plus vulnérables, c’est le même combat.

Une ville qui apprend à piloter la transition, pas seulement à la financer.

Les Montpelliéraines et les Montpelliérains nous demandent de penser le long terme. Le budget vert nous y aide.

Allons plus loin ensemble.

Pour toutes ces raisons, les élu-es écologistes voteront en faveur du Compte financier unique de la Ville de Montpellier.

Je vous remercie. »

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Ecologistes pour Montpellier
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