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Conseil de métropole de Montpellier : Grégoire Delforge lance la révision du Plan Climat face à l’urgence climatique

Conseil de métropole de Montpellier du 23 juin 2026 : Intervention de Grégoire Delforge, pour les élu-es écologistes, sur le lancement de la révision du Plan Climat Air Énergie Territorial solidaire (PCAETs) 2021-2026 de Montpellier Méditerranée Métropole

Monsieur le Président, chers collègues,

Nous traversons une nouvelle vague de chaleur exceptionnelle dans un contexte où les records climatiques se succèdent à un rythme inédit.

La France a connu, le 26 mai dernier, la journée de mai la plus chaude jamais mesurée à l’échelle nationale : 25 °C de moyenne, des pointes proches de 38 °C et plus de la moitié du territoire battant des records.

Aujourd’hui encore, plus de 20 millions de Françaises et de Français pourraient être confrontés à des températures dépassant les 42 °C dans certaines régions pendant près d’une semaine.

Ces épisodes ne sont pas isolés. Les vingt dernières années montrent une bascule très nette. Les années les plus chaudes jamais mesurées en France sont toutes très récentes et la dernière décennie affiche un réchauffement d’environ 2,2 °C par rapport à l’ère préindustrielle.

Ce sont des faits. Je ne fais ici aucun prosélytisme.

Fin 2025, le gouvernement a formalisé son nouveau Plan national d’adaptation au changement climatique, qui vise à nous préparer à un réchauffement de 4 °C en 2100.

Pour un territoire comme le nôtre, sur le pourtour méditerranéen, cela engendrerait des conséquences dramatiques pour nos écosystèmes, pour l’agriculture, pour notre économie et surtout pour la vie quotidienne des habitantes et habitants.

Nous devons nous y préparer sans jamais, jamais nous y résigner.

C’est pourquoi, à la Métropole, nous sommes en mouvement.

Notre Plan Climat Air Énergie Territorial solidaire comporte trois volets.

L’atténuation, pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre et atteindre la neutralité carbone grâce à la baisse des consommations d’énergies fossiles et à leur substitution par des énergies renouvelables.

L’adaptation, pour améliorer la résilience de notre territoire face aux risques climatiques.

Et la qualité de l’air, pour réduire nos émissions de polluants atmosphériques, ce qui constitue un enjeu majeur de santé publique.

La Métropole a adopté un premier plan climat en 2013, puis un second en 2023.

Je voudrais vous dire aujourd’hui que les efforts engagés depuis plusieurs années commencent à porter leurs fruits.

Je retiendrai ici quelques chiffres simples.

La consommation d’énergie, principalement liée au transport routier et au bâtiment, a baissé de plus de 8 % entre 2019 et 2023. C’est un signal important dans une métropole qui continue pourtant à accueillir de nouveaux habitants.

Rappelons-nous d’ailleurs que la facture énergétique du territoire s’élevait à 1,5 milliard d’euros en 2023. Baisser la consommation d’énergie, c’est aussi préserver le pouvoir d’achat.

Nos émissions de gaz à effet de serre diminuent également d’environ 11 % sur la même période.

Quant à la production locale d’énergies renouvelables, elle progresse de près de 14 % entre 2019 et 2023, portée notamment par nos réseaux de chaleur et de froid.

Je vous l’annonce d’ailleurs ici : fin 2026, nous inaugurerons le réseau énergétique Nord-Alco, avec dix-huit mois d’avance sur le planning initial. Un grand bravo anticipé aux services et à notre opérateur Altémed.

Enfin, la qualité de l’air s’améliore sur plusieurs polluants majeurs, alors même que la population du territoire a augmenté d’environ un quart.

C’est un progrès très concret pour la santé des habitantes et habitants.

Ces résultats ne doivent pas nous conduire à l’autosatisfaction, loin de là.

Ils doivent plutôt nous donner de la force.

Ils montrent que l’action publique locale produit des effets mesurables.

Chers collègues, nous sommes dans la trajectoire prévue, mais nous devons accélérer, poursuivre cette dynamique et amplifier l’effort, car nos objectifs sont exigeants : moins 40 % d’émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 2019, puis moins 85 % en 2050.

L’ambition n’est pas une option, car l’adaptation au changement climatique devient chaque année plus urgente.

Notre territoire est déjà exposé à des risques multiples : vagues de chaleur, sécheresses, incendies, inondations, raréfaction de l’eau ou encore retrait-gonflement des argiles.

Je vous propose ainsi de lancer la révision de notre plan climat avec un objectif clair : renforcer son ampleur et son ambition.

Nous pouvons le faire et nous voulons le faire.

Pour cela, nous devons systématiser la prise en compte des enjeux climatiques dans l’ensemble de nos politiques publiques métropolitaines : aménagement, urbanisme, développement économique, eau, déchets ou encore mobilités.

Mesdames et Messieurs, je vous propose cinq intentions politiques transversales pour cette révision.

La première consiste à faire du climat non pas une contrainte, mais un levier de résilience et d’attractivité.

Anticiper les crises climatiques, c’est protéger notre économie locale, nos emplois, nos services publics et la qualité de vie des habitantes et habitants.

C’est pourquoi nous associerons étroitement les entreprises et le secteur productif à cette révision.

La deuxième intention est de construire ce plan climat avec les 31 communes de la Métropole.

Chacune est singulière, chacune a ses vulnérabilités, ses ressources et ses priorités.

Je souhaite donc aller à la rencontre des maires et de leurs équipes début 2027 afin que ce plan climat soit pleinement métropolitain, mais aussi pleinement communal.

La troisième intention est de nous appuyer sur la science et la recherche, parce que la science éclaire les choix.

Face au déni climatique, face aux simplifications et parfois à l’obscurantisme, nous devons faire le choix de la connaissance, des données, de l’expertise et de l’évaluation.

La quatrième consiste à associer directement les citoyennes et les citoyens à la fabrique de notre politique publique.

En 2027, nous organiserons une convention citoyenne sur un enjeu central du plan climat : la souveraineté énergétique de notre territoire.

Parce que la transition climatique ne peut pas être seulement une affaire d’institutions, elle doit être comprise, débattue et partagée.

Enfin, la cinquième intention est de placer la santé globale, l’approche « One Health », au cœur de notre futur plan climat.

Les vagues de chaleur, la qualité de l’air, les maladies vectorielles, l’érosion du vivant, la qualité de l’eau et l’éco-anxiété des jeunes : tout cela est lié.

Le climat est aussi un sujet de santé publique.

Chers collègues, agir ensemble est possible et nécessaire.

Pour cela, je vous demande aujourd’hui, et pour les deux années à venir, un engagement fort de l’ensemble des élu-es de cette assemblée.

Je vous remercie.

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