Lors du Conseil de métropole de Montpellier du 21 avril 2026, Manu Reynaud est intervenu au nom des élu·es écologistes dans le cadre du Débat d’Orientation Budgétaire 2026 de la Métropole de Montpellier.
Verbatim de l’intervention :
« Le débat d’orientation budgétaire est bien sûr un exercice obligé, mais ô combien nécessaire.
Pour les écologistes, la métropole, c’est vraiment l’endroit qui permet d’agir efficacement à l’échelle locale sur la transition écologique et sociale et avec toutes les politiques qu’elle porte. En ce début de mandat, il y a des marqueurs forts que nous voudrions retrouver dans les politiques publiques, notamment l’agroécologie, l’alimentation, la biodiversité et l’économie circulaire.
Ce nouveau mandat, au vu de l’actualité internationale, des drames, des guerres, nous commande d’amplifier la transition écologique et d’y ajouter une boussole qui devrait structurer à l’avenir nos politiques publiques : la souveraineté. Souveraineté que l’on pourrait aussi appeler trajectoire d’indépendance locale, nationale et européenne.
Cela doit impliquer pour les six ans qui viennent toutes nos politiques, toutes nos feuilles de route, toutes nos stratégies. Cela doit se décliner partout. Quelques exemples : de l’énergie à l’alimentation, de l’achat public au numérique.
Pour l’énergie, c’est amplifier la décarbonation, démultiplier l’investissement dans nos énergies renouvelables locales et les réseaux de chaleur et de froid. Cela veut dire investir massivement dans l’isolation. Cela veut dire, pour l’achat public, réinterroger tous les critères, secteur par secteur. Et cela veut dire, pour le numérique, sortir de la dépendance aux GAFAM.
Nous souhaitons aussi rappeler que dans ce budget, il y a des lignes fortes, notamment la question du PCAET, le Plan Climat et Énergie Territorial, qui commence à être réinterrogé à l’aune de ces critères, ainsi que la question du budget vert et la mise en place d’un budget climat.
Nous allons enfin doter la métropole d’une véritable fiscalité foncière intercommunale, et nous nous en félicitons.
Nous prônons une autonomie et une souveraineté sur la fiscalité. Il faut qu’une collectivité locale puisse décider elle-même d’une grande partie de ses recettes de façon transparente, et que cela apparaisse clairement sur la feuille d’impôt.
J’ai pris la mienne : à 0,167 %, cela représente 5 euros par an. C’est écrit, clair, mais peut-être pas suffisant. 5 euros pour disposer d’un maillage de services publics parmi les plus développés de France, ce n’est pas la somme à laquelle on pourrait s’attendre.
Il nous faut assumer cette fiscalité intercommunale. Nous souhaitons que le niveau du taux soit le plus haut possible, tout en étant le plus acceptable possible.
Pour garantir cette souveraineté fiscale, il faut l’expliquer et le faire avec pédagogie auprès de nos concitoyens. D’abord parce qu’elle s’adresse à une partie des contribuables, les propriétaires. Ensuite parce qu’elle s’adresse à l’ensemble des propriétaires de la métropole et non commune par commune. Enfin parce qu’il faut envisager de la construire sous forme de trajectoire, en relevant son niveau progressivement, tout en envisageant de baisser ou stabiliser les impôts fonciers dans les communes qui le souhaitent et qui le peuvent.
Sur plusieurs années, cela permettrait de rééquilibrer de façon transparente ce qui relève de la métropole et ce qui relève de la commune.
Qui paie quoi ? Qui décide quoi ? Se poser la question de l’impôt, c’est se poser la question de l’organisation administrative de notre pays et de la démocratie.
Comment sanctionner ou poursuivre des politiques publiques lors des élections quand on ne sait pas ?
L’élection présidentielle relancera peut-être le débat sur la décentralisation, on peut l’espérer. Mais il nous faut des périmètres pertinents, des compétences au bon niveau et une visibilité pour nos concitoyens, qui doivent pouvoir choisir, élection après élection, le projet vers lequel ils veulent aller.
Les écologistes sont attachés au principe de démocratie à tous les niveaux de décision. En matière d’intercommunalité, il faudrait passer un cap : que chaque élection soit l’objet d’un débat à l’échelle du territoire de la métropole et non de chaque commune prise individuellement.
Dans le cadre de ce débat d’orientation budgétaire, nous nous réjouissons que cette fiscalité foncière intercommunale puisse être assumée collectivement au sein de cette assemblée.
Je vous remercie. »
